Article publié sur LinkedIn en novembre 2020, pendant le second confinement.
Et pourquoi c’est le buzzword sur toutes les lèvres
Le confinement a été pour de nombreuses personnes dans le monde une période de chômage « forcé » qui a permis de se lancer dans la réalisation d’un side project. Porte-étendard de la génération No Code, Bubble – la startup new-yorkaise (fondée en 2012 par un duo franco-américain) qui offre une solution de développement d’applications sans coder – a été littéralement prise d’assaut par ces nouveaux makers en quête d’une solution rapide pour développer leur projet et, parfois, compenser la perte de leurs revenus. Mais également par ceux, plus altruistes, qui l’ont utilisée pour le développement de projets solidaires ou vitaux dans un contexte sanitaire difficile. Le monde d’après serait donc celui de Bubble… et du No Code ? 🧐
Ma « petite histoire » du No Code
Durant ce premier confinement, j’étais personnellement très concentré sur la refonte de mon site Web pour la vingtième fois. Désolé, il faut être graphiste pour comprendre et pardonner cette affirmation. J’apprenais le trio de base du développement Web, à savoir le HTML, le CSS et le JS. J’avais également commencé à me former au PHP, à jQuery, au développement WordPress ainsi qu’à ACF.
No Code : 0 / Code : 1 😢
Puis, j’ai mis la main sur Elementor Pro (un plug-in de création de site en mode Drag & Drop dans WordPress), la solution pour créer son propre thème dans WordPress, plébiscitée par plus de 5 millions d’utilisateurs actifs ! J’y ai consacré pas mal de temps avant de me rendre compte que j’étais peut-être un « codeur refoulé », un peu contraint par la rigidité et la lourdeur de l’outil, facile à utiliser – en effet – mais qui produit un code quasiment illisible. Malheureusement, je n’étais pas assez sûr de moi non plus pour coder mon propre thème WordPress en partant d’une page blanche dans un éditeur de code…
No Code : 1 / Code : 1 🧐
En parallèle, je produisais depuis quelques années déjà des applications internes à l’usage de clients grands comptes avec PandaSuite, un autre outil No Code pour créer des applications mobile et desktop, et qui offre la possibilité d’intégrer du code. Un outil parfait donc pour mes besoins de créateur hybride, à la fois graphiste et un peu codeur. Si vous ne l’avez jamais essayé, je vous le recommande chaudement !
No Code : 2 / Code : 2 😤
J’ai également découvert Framer, qui venait de sortir sa version Web, et je suis littéralement tombé amoureux de son ergonomie… mais beaucoup moins de l’utilisation de React ! J’ai commencé l’apprentissage de la bibliothèque JavaScript développée par Facebook et j’ai été, tout à la fois, fasciné par sa puissance et sa logique… mais aussi un peu rebuté par le JS moderne. Mon cerveau n’était plus en mesure de « manger du code ». Un point partout donc, car Framer reste, même avec les fonctions de base, un outil vraiment génial pour du prototypage haute définition, même sans maîtriser React.
No Code : 💯 / Code : 2 😂
Pour la réalisation de mon site, je me suis ensuite tourné vers Webflow, une alternative à Elementor pour produire des sites Web statiques. Je me sentais un peu échaudé par mon expérience avec Elementor et commençais à considérer que le No Code était surtout un concept marketing destiné à me faire payer (assez chèrement parfois) ma relative incompétence. Le développement de site Web n’est pas si évident quand on ne maîtrise pas toute la chaîne : ces outils No Code, aussi faciles à prendre en main soient-ils, ne pouvaient pas faire de miracle !
Soyons brefs, ce fut un énorme coup de cœur, une révélation et une libération. Je pouvais enfin produire presque tout ce dont j’avais toujours rêvé. La solution est performante et produit du code lisible. Magnifiquement conçue, l’expérience est totale. Webflow m’a permis de consolider ma connaissance des bases du code, car on peut tester et itérer beaucoup plus rapidement que dans un éditeur de code. De plus, j’ai énormément rigolé en suivant les formations de la Webflow University… Webflow est tout à la fois un éditeur de code visuel et une incroyable ressource pour apprendre les bases d’un site Web.
Apprendre le code et Webflow m’a permis de faire sauter quelques barrières mentales, et c’est un sentiment très agréable. Au final, à part cette expérience avec Elementor, la conception de site en No Code n’était peut-être pas un truc à regarder aussi négativement. Le No Code était très clairement devenu un concept terriblement attirant…
Au fil de mes lectures, j’ai également découvert Airtable (pour créer des bases de données) et Zapier (pour automatiser mes productions en faisant communiquer les applications entre elles via des API).
Enfin, j’ai exploré Integromat (une alternative à Zapier), et Notion, le WorkOS préféré des designers et des freelances, est presque totalement devenu mon « centre des opérations ».
Attention à l’addiction provoquée par ces outils (très très) visuels !
Tout à la fois ludiques et très efficaces, ces outils peuvent avoir tendance à vous faire oublier que vous travaillez. On se surprend vite à prendre des notes et à rédiger des articles dans Notion (comme c’est le cas actuellement) ou à gérer sa liste de séries en retard avec Airtable. La possibilité de créer un espace de travail totalement sur mesure engendre un plaisir de travail indéniable.
Discover your next favorite thing
Les outils No Code sont très nombreux. Et nous n’en sommes probablement qu’au début d’un phénomène de plus grande ampleur encore. Il suffit d’aller jeter un coup d’œil sur Product Hunt pour prendre la mesure de l’engouement et de la créativité déployée pour devenir « #1 Product of the Day », voire « votre prochain outil préféré ».
Forrester prévoit que le marché des plateformes de développement sans code passera de 3,8 milliards de dollars en 2017 à 21,2 milliards de dollars en 2022.
Bien plus qu’un buzzword finalement ?! À mon avis, le No Code est probablement ce qui permettra enfin d’accélérer la transformation digitale des entreprises. Certaines en étaient écartées jusqu’alors : je pense notamment aux TPE et à certaines PME. Le No Code peut leur permettre de répondre efficacement à des problématiques très répandues sans avoir à recourir à des solutions et/ou des prestataires trop coûteux.
Pour les startups et les porteurs de projet, les plateformes de développement No Code ou Low Code sont aujourd’hui une opportunité réelle et viable pour itérer et produire son MVP. Inutile de se former durant trois mois au Wagon (même si j’en rêve), ni de recruter une armada de développeurs pour réaliser un produit qui ne rencontrera peut-être jamais ses utilisateurs.
Formez-vous plutôt à Bubble, qui vous permettra de développer votre Web App sans avoir à écrire la moindre ligne de code, grâce à de nombreuses « briques » précodées et à une base de données très rapidement opérationnelle.
Bien sûr, ces plateformes ont encore des restrictions techniques, mais elles conviendront à 80 % des usages. Vous pouvez également oublier les problématiques de scalabilité… qui vous sembleront plus douces lorsque vous aurez validé votre hypothèse, je pense. Libre à vous, alors, de vous lancer dans le recrutement d’un CTO et de quelques développeurs spécialisés en React ou en Ruby. Enfin, si vous y arrivez, ce qui n’est pas du tout aisé visiblement, compte tenu de l’état actuel du marché. 👇
Le bureau dédié aux statistiques du travail aux États-Unis prévoit, en outre, que sans l’utilisation de plateformes sans code, les besoins de développeurs augmenteraient de plus de 50 % tous les dix ans, sans que l’offre de tels profils ne puisse suivre.
J’ai également pu lire quelques articles vantant les mérites du No Code pour sortir de la crise ! Je suis un peu plus dubitatif sur ce point. Gagner en productivité et retrouver du temps permettra peut-être à certains de gagner en visibilité et en réactivité, mais la route sera longue avant que ces solutions soient déployées et produisent des effets à grande échelle.
Ce second confinement met d’ailleurs en évidence le fait que beaucoup de commerçants se sentent encore exclus de ces problématiques et n’ont pas pu (ou su) anticiper cette seconde période de vache maigre. À ce titre, je félicite Contournement, qui a conçu une formation pour mettre en place un site e-commerce et un système de Click & Collect pour les commerçants, gratuitement… en une journée ! 👏
Pour conclure, apprenez à coder, car ce ne sera jamais « perdu », d’autant plus si vous en avez vraiment envie (vous l’aurez compris, ce n’est pas toujours facile), et mettez-vous au No Code. Pour cela, les vidéos d’introduction aux outils d’Alexis Kovalenko et Erwan Kezzar de Contournement sont un pur régal ! J’aurais aimé pouvoir citer toutes les personnes merveilleuses qui évangélisent le No Code en France, mais la liste est trop longue.
Acquérir un niveau de compétences suffisant dans n’importe quelle technologie ou outil est un investissement conséquent. Il y a un an encore, je me considérais incapable d’écrire trois lignes de JavaScript. Dans l’état actuel, je suis convaincu que les meilleurs No Codeurs sont aujourd’hui encore… les codeurs ! Mais les solutions évoluent très vite et deviendront véritablement accessibles pour les néophytes prêts à y consacrer le temps d’une formation. Go Go Go !!!
Quelques liens
- Pour vous former sur Airtable : contournement.online
- Pour vous former sur Bubble : Ottho
- Pour vous former sur Webflow avec l’excellent Théo Roland : Init Program
- Pour découvrir des makers, des entrepreneurs et des outils No Code lors de votre balade dominicale : Contournement Audio, le podcast No Code